Sans confiance Il n’y a que désert Ceux qui y sont projetés Sont maudits Condamnés Au sabotage Auto ou Prodigué À l’encontre d’autrui Et s’enivrent de gris-gris Materialisant la convention Sonnante et trébuchante La transaction Qui distrait du vertige
Peu réchappent De la traversée Des vastes étendues Esseulées et arides Sans eau spirituelle
Peu de choses existent En dehors de la constance Des liens Entre êtres humains Ou des structures Qu’ils sécrètent
Myosotis D’Armanges
(Texte non libre de droits)
Réseau de fils rouges, Installation de l’exposotion Chiharu Shiota, The Soul Trembles, au Grand Palais, 2025.
L’idée torturante Longtemps incubée Donne Pour la première fois Sa pleine mesure, Bourgeonnant Dans des millions de cerveaux
L’accablante conscience Des folles proportions de notre arrogance simplificatrice Aux jugements Posés sur le monde Comme un rot sur la plus Complexe Des symphonies Se fraie un chemin Laissant place à une clairvoyance Excessivement douloureuse Concomitement Embrassée Et refoulée
La destruction accompagne une forme de pensée et d’être au monde
Divine musique Tranchée en lamelles Par un réductionnisme endémique Hachoir aveugle Qui détruit mâche digère Pour constituer Les briques D’une maison commune Invivable D’être notre création
Est ce qu’après nos générations il y aura encore des gens pour creuser le passé, découvrir nos traces et reconstituer nos vies, nous faire revivre, nous perpétuer dans une histoire
Ou n’y aura-t-il que du sable et des pierres Comme sur Mars Et tout ce que nous avons fait, été, depuis les temps immémoriaux de la si ridiculement courte existence de l’humanité Nos artefacts Tout ne sera-t-il que pierres jointes à d’autres poussières Pour finir disparu quand s’effacera la terre avec la mort du soleil ?
La Presse hydraulique utilisée comme moyen de torture L’enfant de cinq ans enfermé dans la geôle cauchemardesque Les rangées de petits corps gazés
Sont placardés partout En une frénésie collective Pour bloquer les cerveaux Au moyen de la sidération Et oublier Que leur tortionnaire Était À six poignées de main De chacun D’entre Nous aussi
Et qu’il a Respiré Le même air Empuanti De sa présence Que certains députés Et acteurs vrombissants De notre scène Nationale Lesquels – Hâtifs dans leur Volonté Servile De se Soumettre À la répugnante Abjection De l’exercice D’une violence Révulsante -, Se sont dépêchés D’aller baiser La main Du boucher de Damas Tout confis Dans leurs Certitudes Et ficelés Dans leurs costumes Étriqués.
Revenus en France Pour y souffler leurs miasmes putrides Sur le cours des débats De politique mondiale Ils ont Bien longtemps
Été Éhontés
Et pendant Que les doigts étaient découpés Et les esprits broyés, La souffrance hurlante Était couverte Par des conversations de plateaux, Des échanges de salon Pontifiants sur le “réalisme” Qui nous pousse bien N’est-ce pas À banaliser – Ma bonne dame Mon bon monsieur – Assad Et à compter sur son Jumeaux En atrocités – Poutine – Pour “Régler Ça”
Mais Nos esprits Frénétiquement mobilisés Dans la convocation D’images De la trop humaine barbarie Pour, ce faisant, En neutraliser l’horreur – Comme une bouche S’emploierait à mâchonner Des cailloux d’uranium basaltique Pour ne pas avoir à Tenter De les digérer – Nos cerveaux, Et leurs Petites Manipulations À usage interne, Sont impuissants À abolir La réalité Des mers Du sang versé
Rien jamais N’effacera Les faits De crimes contre L’Humanité D’Assad Ni Notre effarante Culpabilité Du fait de l’abandon De nos sœurs et frères humains Syriens Déshumanisés Oubliés Comme des rebuts Sur un tas d’ordures
Cela fait très longtemps que nous savons Comme à Gaza Des mois Des années L’éternité de chaque minute en enfer Où nous tolérons Que se démultiplient les milliards de secondes d’infinies souffrances
À la lumière crue La surprenante Inadaptation Attirante Par son mystère Devient Juste Un embranchement De l’évolution Aussi plat Qu’un oeuf Ayant Accroché le fond De la casserole Et dessinant Une intrigante Tâche noire De cramé Dans la banalité Du quotidien
Un corps dévêtu Dont la vulnérabilité totale Est plus puissante que 1000 soleils Les mollahs éblouis Cachent leurs yeux De leur manche noire Reculent Face à l’absurdité tonitruante De priver les femmes De leur propre
Corps Impossible à abolir
Oui oui Il vit et respire nu Sous les vêtements Cet être de chair Son existence Recèle Merveilles et mystères Menaces et promesses
Partout des femmes ! Elles
Elles sont Passées au crible Suspicieux D’eux Bas de plafond Aussi bêtes Que la force stupide Dans les rangs De laquelle Leur ordre Les rangent Pour cause de Chromosome Y
Ces perdus En les dédales De leurs délires spécieux, Vivent dans les cathédrales Pourrissantes D’esprits obtus Ils abjurent la vie Et tournent en rond Et rond et rond et rond et rond… Persécuteurs de femmes Parmi lesquelles, bien sûr, Ils ont des kapos.
Elle
Il en aura fallu du temps Sans doute
Quels méandres ? Quels trajets surprenants Sa colère, La voix tonitruante De son Innocence Scandalisée Et incrédule, Ont-elles empruntés ?
Elle – Un instant de folie ou D’absolue lucidité Face à La limpide Réalité Du délire Féminicide d’eux
Elle
Leur parle, Montrant la simplicité Inéluctable De sa corporéité
Avec l’ignorance naïve De l’être Qui Un instant fugace A pris le dessus En elle En toute Candeur éhontée. Elle dit que Oui Son corps Est là
La suit partout
Elle le signale De bonne foi Et même obligeamment À ses geôliers Et geôlieres.
Brièvement Saisie d’un mirage
– Celui de leur humanité –
Egarée Sous le choc De ce filet de règles Mortelles S’abattant En lames de rasoir Sur sa tête Et ses gentils cheveux
Elle A soulevé Le couvercle De la Marmite à pression.
C’est juste un vêtement que l’on ôte, Un voile qui choit, Une terre renversée, Un jet de vapeur furibard En dépit de toutes les coercitions
Prison – viol – asile psychiatrique C’est la réponse des forcenés
Ahoo Daryaei : « Le 2 novembre 2024, après avoir été harcelée par la milice islamiste Basij, qui l’aurait prise à partie pour non-port du hidjab, obligatoire dans ce pays, et lui aurait déchiré des vêtements ; elle aurait réagi en se déshabillant partiellement et en s’asseyant dans la cour de l’université pour protester3. Son acte audacieux a fait d’elle un symbole de la résistance contre les lois strictes du code vestimentaire iranien et l’application du hijab obligatoire, deux ans après la mort de Mahsa Amini pour les mêmes raisons. » (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ahou_Daryaei )