Tours et mindsets de toujours Aux heures contemporaines Les stratégies de pouvoir en organisation Capitaliste De bienfaisance Ou Politique Plus que jamais valorisées Cette personne N’est pas une personne Si je fais cela Il se passe quoi Appuyons là Qu’est-ce qu’il en sortira ? Jouons jouons Même les nigauds Se plaisent à tromper – Malheureusement eux-mêmes, le plus souvent – Pour les plus agiles Parfois Un pigeon ou une dinde Bien grasse et prometteuse Ou affable Passe à portée de pince Alors alors Quel merveilleux Terrain de jeu
Myosotis D’Armanges
(Texte non libre de droits)
Caravage, Les tricheurs, 1595, Kimbell Art Museum, via Wikipedia
Résistances enfoncées Comme une bête dressée La personne exposée Est docile Soumise Aux sévices D’abrutis Et n’a pas tant Abdiqué Qu’elle n’a refoulé Les dommages Qui furent A son âme infligés Et toute sidérée Elle a vu effacée De son être plombé La belle intégrité Et physique et psychique La zone protégée On ne trouve plus en elle Ni envers ni avers D’en dedans de dehors Juste cette vaste plaine Désolée et étale D’un beau gris triste pale Que traversent insoucieuses Des bestioles chevauchées soulevant des nuées Du dessous de leurs pieds Et laissent des sillons Sur la longue surface Balafrant l’aire fragile C’est la faute à l’oubli Que l’on peut dire non Là point d’indignité Près la grève Flotte en elle Une robe froissée Déchirée et claquant Dans les courants du vent
Là bas le musée privé Le bâtiment En forme D’affreuse grosse baleine si belle Posée Près de son étang La Fondation Au milieu de la forêt d’émeraude Dans l’aire de chalandise De l’ultra-bourgeoisie Attraction fantastique Baraque aux malices Les arts Présentés En feu d’artifices magique Et pour jouir Du spectacle crépitant Les gueux font la queue Et entrent Dans les entrailles Bien disposées Salles d’exposition Où sont accrochés Des trésors de l’humanité Biens communs Uniques Non duplicables Mais privatisés Que consent à donner En spectacle Sa Haute-grâce académicienne Son clan et sa famille Dans un geste Où la condescendance Pourrait avoir laissé son empreinte Laissant les manants De tout le vaste monde Accéder Contre pièces sonnantes et trébuchantes Aux œuvres créées Par leurs aïeulles aïeux sœurs mères pères Ce legs des générations
Myosotis D’Armanges
(Texte non libre de droits)
Vues d’artistes et le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton
Sans confiance Il n’y a que désert Ceux qui y sont projetés Sont maudits Condamnés Au sabotage Auto ou Prodigué À l’encontre d’autrui Et s’enivrent de gris-gris Materialisant la convention Sonnante et trébuchante La transaction Qui distrait du vertige
Peu réchappent De la traversée Des vastes étendues Esseulées et arides Sans eau spirituelle
Peu de choses existent En dehors de la constance Des liens Entre êtres humains Ou des structures Qu’ils sécrètent
Myosotis D’Armanges
(Texte non libre de droits)
Réseau de fils rouges, Installation de l’exposotion Chiharu Shiota, The Soul Trembles, au Grand Palais, 2025.
L’idée torturante Longtemps incubée Donne Pour la première fois Sa pleine mesure, Bourgeonnant Dans des millions de cerveaux
L’accablante conscience Des folles proportions de notre arrogance simplificatrice Aux jugements Posés sur le monde Comme un rot sur la plus Complexe Des symphonies Se fraie un chemin Laissant place à une clairvoyance Excessivement douloureuse Concomitement Embrassée Et refoulée
La destruction accompagne une forme de pensée et d’être au monde
Divine musique Tranchée en lamelles Par un réductionnisme endémique Hachoir aveugle Qui détruit mâche digère Pour constituer Les briques D’une maison commune Invivable D’être notre création
Est ce qu’après nos générations il y aura encore des gens pour creuser le passé, découvrir nos traces et reconstituer nos vies, nous faire revivre, nous perpétuer dans une histoire
Ou n’y aura-t-il que du sable et des pierres Comme sur Mars Et tout ce que nous avons fait, été, depuis les temps immémoriaux de la si ridiculement courte existence de l’humanité Nos artefacts Tout ne sera-t-il que pierres jointes à d’autres poussières Pour finir disparu quand s’effacera la terre avec la mort du soleil ?
La Presse hydraulique utilisée comme moyen de torture L’enfant de cinq ans enfermé dans la geôle cauchemardesque Les rangées de petits corps gazés
Sont placardés partout En une frénésie collective Pour bloquer les cerveaux Au moyen de la sidération Et oublier Que leur tortionnaire Était À six poignées de main De chacun D’entre Nous aussi
Et qu’il a Respiré Le même air Empuanti De sa présence Que certains députés Et acteurs vrombissants De notre scène Nationale Lesquels – Hâtifs dans leur Volonté Servile De se Soumettre À la répugnante Abjection De l’exercice D’une violence Révulsante -, Se sont dépêchés D’aller baiser La main Du boucher de Damas Tout confis Dans leurs Certitudes Et ficelés Dans leurs costumes Étriqués.
Revenus en France Pour y souffler leurs miasmes putrides Sur le cours des débats De politique mondiale Ils ont Bien longtemps
Été Éhontés
Et pendant Que les doigts étaient découpés Et les esprits broyés, La souffrance hurlante Était couverte Par des conversations de plateaux, Des échanges de salon Pontifiants sur le “réalisme” Qui nous pousse bien N’est-ce pas À banaliser – Ma bonne dame Mon bon monsieur – Assad Et à compter sur son Jumeaux En atrocités – Poutine – Pour “Régler Ça”
Mais Nos esprits Frénétiquement mobilisés Dans la convocation D’images De la trop humaine barbarie Pour, ce faisant, En neutraliser l’horreur – Comme une bouche S’emploierait à mâchonner Des cailloux d’uranium basaltique Pour ne pas avoir à Tenter De les digérer – Nos cerveaux, Et leurs Petites Manipulations À usage interne, Sont impuissants À abolir La réalité Des mers Du sang versé
Rien jamais N’effacera Les faits De crimes contre L’Humanité D’Assad Ni Notre effarante Culpabilité Du fait de l’abandon De nos sœurs et frères humains Syriens Déshumanisés Oubliés Comme des rebuts Sur un tas d’ordures
Cela fait très longtemps que nous savons Comme à Gaza Des mois Des années L’éternité de chaque minute en enfer Où nous tolérons Que se démultiplient les milliards de secondes d’infinies souffrances