• Cocons hermétiques

    Rets

    Empaquetant

    Dans un cocon

    Étanche

    La rimbambelle

    Des héritiers

    Récipiendaires

    De statuts et de patrimoine

    Et des cooptés

    Qui ont su se

    Conformer

    Aux exigences

    De réseaux

    Articulant

    Lieux miroitants de possibles

    Et portes dérobées

    Ouvertes

    Sur de luxuriants

    Jardins et territoires

    Où se réunir

    Par affects et intérêts

    Ainsi sont créées

    Ou perpétuées

    Des rentes

          – Comme on respire

    Et l’on prend l’habitude

    Dans ces espaces

    Peu ouverts sur l’alter

    De se disculper et

    De s’apprécier en vase clos

    Pour faire grimper sa cote

    Et se décharger

    De la responsabilité

    De ses échecs

          Non comptabilisés

    Bulles

    Spéculatives

    Au fonctionnement si

    Merveilleusement fluide

          – En leur sein monte une symphonie

          Aux harmonies huilées

    Les petits pets

    Qui parfois lèsent

    La trajectoire

    De ces entregentés

    Sont généralement impuissants

    À faire partir

    Dans le décors

    Leurs véhicules

    Autoporteurs

    Aux rares embardées

    Ce ne sont que de

    Petits accrocs 

    Créés par le réel

    Rayant la carrosserie

    De leurs attelages blindés

    Tout de même

    Vulnérables à l’aiguille létale

    Des épiphanies aléatoires

    De foules puissantes

         De quoi faire exploser un monde

    En attendant

    Loin des liens qui libèrent,

    Les empires 

    De ces interconnectés

    Sont

    Aussi intégrés

    Que décorrélés

    De la vie

    Du vaste corps social

    Fragmenté

    Leur magistère

    Perdure aussi

    Par le choix

    De leurs parties prenantes

    D’épouser

    Ou disqualifier alternativement 

    Les tensions

    Saisissant

    Des  peuples déjà pris

    Dans les glaces

    Des contraintes journalières

    De surcroît entravés

    Par l’imposition

    De muselières ardentes

    Dont les maîtres chiens

          – Qui de tout temps ont opéré –

    Refoulent

    Jusqu’au souvenir

    Où sont

    Les fils

    Pendouillants

    Qu’il faudrait tirer

    Pour détricoter la gangue

    Et se donner du souffle ?

    Comment

    Crever 

    Ce sac amniotique

    D’où naissent

    Comme par mégarde

    Les monstres spectraux

    De la tyrannie et du fascisme

    Accouchés

    Entre des murs

    Omniprésents

    Montés jusqu’au ciel

    Par des ouvriers dévoyés

    Ou

    Oublieux de la maison commune ?

    Mais quelque part

    En des endroits du monde

    L’instant nu

    Se déploie

    Une paume de main tendue reçoit

    Donné par un semblable

    Très exactement ce dont elle a besoin

    Dans la simplicité de la relation humaine

    Son dépouillement

    Qui seul sauve

    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

  • Worms

    Parce que la peur règne

    Préférer les agents de la médiocrité maîtrisable

    Aux ceusses

         Avec qualités

    Ces gens qui nous dépassent,

    Échappent,

    Dessinent d’autres futurs

    Incertains

         Riches peut-être

    Mais on ne voudrait pas être déconcerté

    Gaspillage

    Du grand du beau

    Bannissement

    Des catalyseurs

    Des demains imprévus en advenance

    Devenus tabous

    Comme obscènes

    Rester riquiquis

    Tout cramponnés

    Tétanisés

    Comme

    Des pole dancers

    Coincés sur leur barre

    Obstinés à y crawler

    Plutôt que de s’envoler

    Fuera fuera

    Ce qui dépasse des cases

    Bave sur les lignes

    Pour se répandre dans les marges

    Et secouer le cadre

    De telle manière que le strip

    Change de beat

    Et déraille

    Vers d’autres possibles

    Disparition

    Du lâcher prise aux antipodes

    Les épousailles avec le vent

    Et le mouvement

    Annulées

    Et nous

    On rampe on rampe

    Avalant

    petit pois

    de jour

    après

    petit pois

    de jour

    Comme les vermisseaux perdus

         Des labyrinthes téléphoniques

          À vocation distractrice

    ©️ Myosotis D’Armanges

    Texte non libre de droits

    Classic 90s RM Nimbus Computer Game Worm – Play it online! – YouTube
    https://youtu.be/LYkWNCDx7oM?si=c9oDo18UGZLuXcfB
  • Diamant de dureté

    Tout s’érode

    Ou se brise

    Pas le jugement

    Qui

    Comme un coup porté

    Définit l’avant

    Et l’après

    La puissance de mort

    Du jugement édicté

    De classification des êtres

    Réside dans son effet

    Inaltérable

    Irrévocable

    Evaporée

    Aussitôt qu’énoncée

    La sentence déshumanisante

    Comme un coup porté

    Coupe le temps en deux

    Le cisaille

    Ainsi que le beurre par son fil

    L’arrêt

    Diamant de dureté

    Fige le vivant

    Établit une fois pour toutes

    Ce qui est 

    Et n’est pas

    De là plus rien ne bouge

    Tout est révolu

    Comme par le trépas

    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Le Sacrifice d’Isaac (Le Caravage, Florence)
  • Bulles pop

    Au parc d’attraction

    Comme dans les bulles pop

    D’un coca on the rocks

    Chaque famille

    Enclose

    En sa cellule de trip

    Étanche à autrui

    Profite

    Sur son rail

    Des voitures volantes

    Des montagnes russes

    Fend marées humaines

    Et fumées de graillon,

    Patiente dans les nasses

    De queues sans fin

    Où les enfants

    Roulent d’ennui

    Dans les cris

    Et l’oubli

    De madame monsieur à côté,

    Leur écrasent l’orteil

    Et leur percent le tympan

    Sous l’œil indolent

    De papa maman

    Indifférents

    Au tragique

    Sort

    Pédestre

    Et auriculaire

    Des autres,

    Ces compagnons de trépignation,

    Voisins transparents

    Comme des murs

    Épais

    Qui n’ont

    Ni bouches ni oreilles

    Ni esprit

    Ni cœur.

    Au parc d’attraction.

    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Attraction du Manège des tasses, à Disneyland Paris, ©️ Myosotis D’Armanges

  • Les milliards de secondes

    La Presse hydraulique utilisée comme moyen de torture
    L’enfant de cinq ans enfermé dans la geôle cauchemardesque
    Les rangées de petits corps gazés

    Sont placardés partout
    En une frénésie collective
    Pour bloquer les cerveaux
    Au moyen de la sidération
    Et oublier
    Que leur tortionnaire
    Était
    À six poignées de main
    De chacun
    D’entre
    Nous aussi

    Et qu’il a
    Respiré
    Le même air
    Empuanti
    De sa présence
    Que certains députés
    Et acteurs vrombissants
    De notre scène
    Nationale
    Lesquels
           – Hâtifs dans leur
          Volonté
          Servile
          De se Soumettre
          À la répugnante
          Abjection
          De l’exercice
          D’une violence
          Révulsante  -,
    Se sont dépêchés
    D’aller baiser
    La main
    Du boucher de Damas
    Tout confis
         Dans leurs
         Certitudes
         Et ficelés
         Dans leurs costumes
         Étriqués.


    Revenus en France
    Pour y souffler leurs miasmes putrides
    Sur le cours des débats
    De politique mondiale
    Ils ont
    Bien longtemps

    Été
    Éhontés

    Et pendant
    Que les doigts étaient découpés
    Et les esprits broyés,
    La souffrance hurlante
    Était couverte
    Par des conversations de plateaux,
    Des échanges de salon
    Pontifiants sur le
    “réalisme”
    Qui nous pousse bien
    N’est-ce pas
    À banaliser
          – Ma bonne dame
          Mon bon monsieur –
    Assad
    Et à compter sur son
    Jumeaux
    En atrocités
          – Poutine –
    Pour
    “Régler
    Ça”

    Mais
    Nos esprits
    Frénétiquement mobilisés
    Dans la convocation
    D’images
    De la trop humaine barbarie
    Pour, ce faisant,
    En neutraliser l’horreur
        – Comme une bouche
         S’emploierait à mâchonner
         Des cailloux d’uranium basaltique
         Pour ne pas avoir à
         Tenter
         De les digérer –
    Nos cerveaux,
    Et leurs
    Petites
    Manipulations
    À usage interne, 
    Sont impuissants
    À abolir
    La réalité
    Des mers
    Du sang versé

    Rien jamais
    N’effacera
    Les faits
    De crimes contre
    L’Humanité
    D’Assad
    Ni
    Notre effarante
    Culpabilité
    Du fait de l’abandon
    De nos sœurs et frères humains
    Syriens
    Déshumanisés
    Oubliés
    Comme des rebuts
    Sur un tas d’ordures

    Cela fait très longtemps que nous savons
    Comme à Gaza
    Des mois
    Des années
    L’éternité de chaque minute en enfer
    Où nous tolérons
    Que se démultiplient les milliards de secondes d’infinies souffrances

    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Zoran Music
  • Tout cela perd de sa grâce


    À la lumière crue
    La surprenante 
    Inadaptation 
    Attirante 
    Par son mystère 
    Devient
    Juste 
    Un embranchement 
    De l’évolution 
    Aussi plat
    Qu’un oeuf 
    Ayant
    Accroché le fond 
    De la casserole
    Et dessinant
    Une intrigante
    Tâche noire
    De cramé
    Dans la banalité
    Du quotidien

    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Félix Vallotton, 1901 – Femme fouillant dans un placard (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:F%C3%A9lix_Vallotton,_1901_-_Femme_fouillant_dans_un_placard.jpg)
  • C’est complètement Con


    Rhâââ
    Rhâââ
    Rhâââ
    Rhâââ
    Rhâââ
    Ô rage !!!

    Point donc 

    Hééé
    Hééé
    Hééé
    Hééé
    Hééé
    Tentons

    L’amabilité !’”

    Là où
    Il y avait 
    Le Rhâââ
    Désormais
    Il y aura
    L’Hourra !!! 

    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Textes non libres de droits)

    https://www.laboiteverte.fr/personnages-dopera-chinois-au-xixeme-siecle/
  • Femme nue

    Un corps dévêtu
    Dont la vulnérabilité totale
    Est plus puissante que 1000 soleils
    Les mollahs éblouis
    Cachent leurs yeux
    De leur manche noire
    Reculent
    Face à l’absurdité tonitruante
    De priver les femmes
    De leur propre

    Corps
    Impossible à abolir

    Oui oui
    Il vit et respire nu
    Sous les vêtements
    Cet être de chair
    Son existence
    Recèle
    Merveilles et mystères
    Menaces et promesses

    Partout des femmes !
    Elles

    Elles sont
    Passées au crible
    Suspicieux
    D’eux
    Bas de plafond
    Aussi bêtes
    Que la force stupide
    Dans les rangs
    De laquelle
    Leur ordre
    Les rangent
    Pour cause de
    Chromosome
    Y

    Ces perdus
    En les dédales
    De leurs délires spécieux,
    Vivent dans les cathédrales
    Pourrissantes
    D’esprits
    obtus
    Ils abjurent la vie
    Et tournent en rond
    Et rond et rond et rond et rond…
    Persécuteurs de femmes
    Parmi lesquelles, bien sûr,
    Ils ont des kapos.


    Elle

    Il en aura fallu du temps
    Sans doute

    Quels méandres ?
    Quels trajets surprenants
    Sa colère,
    La voix tonitruante
    De son Innocence
    Scandalisée
    Et incrédule,
    Ont-elles empruntés ?

    Elle –
    Un instant de folie
    ou
    D’absolue lucidité
    Face à
    La limpide
    Réalité
    Du délire
    Féminicide
    d’eux

    Elle

    Leur parle,
    Montrant la simplicité
    Inéluctable
    De sa corporéité

    Avec  l’ignorance naïve
    De l’être
    Qui
    Un instant fugace
    A pris le dessus
    En elle
    En toute
    Candeur éhontée.
    Elle dit que
    Oui
    Son corps
    Est là

    La suit partout

    Elle le signale
    De bonne foi
       Et même obligeamment
    À ses geôliers
    Et geôlieres.


    Brièvement
    Saisie d’un mirage

       – Celui de leur humanité  –

    Egarée
    Sous le choc
    De ce filet de règles
    Mortelles
    S’abattant
    En lames de rasoir
    Sur sa tête
    Et ses gentils cheveux

    Elle
    A soulevé
    Le couvercle
    De la
    Marmite à pression.

    C’est juste un vêtement que l’on ôte,
    Un voile qui choit,
    Une terre renversée,
    Un jet de vapeur furibard
    En dépit de toutes les coercitions

    Prison – viol – asile psychiatrique
    C’est la réponse des forcenés

    Et le monde entier
    Se rit d’eux
    Pleure

    Et aime
    Ahoo Daryaei

    Femme Vie Liberté










    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Ahoo Daryaei : « Le 2 novembre 2024, après avoir été harcelée par la milice islamiste Basij, qui l’aurait prise à partie pour non-port du hidjab, obligatoire dans ce pays, et lui aurait déchiré des vêtements ; elle aurait réagi en se déshabillant partiellement et en s’asseyant dans la cour de l’université pour protester3. Son acte audacieux a fait d’elle un symbole de la résistance contre les lois strictes du code vestimentaire iranien et l’application du hijab obligatoire, deux ans après la mort de Mahsa Amini pour les mêmes raisons. » (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ahou_Daryaei )
  • Intrigues

    Du miel des silences de la flatterie

    De l’effacement de l’ombre

    Jamais de traces écrites 

    Ou seulement pour l’anecdotique

    N’être comptable que du strict minimum

    Ballet organisé sur des rails d’aciers en formation réticulaire 

    Rires forcés coordonnés à gorges déployées

       – Et l’on se sent spirituel-le – 

    Coordination des rencontres 

    Hasard organisé des sollicitations

    Congruences préméditées 

    Valse des esquives, des provocations et des estoquades

    Grands yeux ouverts et innocents

    Sourcils froncés 

    Menaces, compliments, invites sous formes de jeux de mot

    Elégance et grossièreté d’un même tenant

    Plouqueries et défauts de caractère passés au tamis du code partagé

    Politique et effets de cour 



    ©️ Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Promenade de Louis XIV dans les jardins de Versailles. Peinture de Etienne Allegrain, 1688, musée du château © AFP – Photo Josse / Leemage

  • Qui rend-il compte?


    Ces personnes en charge
    Ce n’est pas tant qu’elles ne sont pas là
    Elles sont bien à un endroit
    Mais elles ne couvrent pas tout le spectre
    Désertent une partie du périmètre
    Qu’elles ont en garde
    L’abandonnent
    À d’autres



    Délaissent
    L’exercice
    De la souveraineté
    Reçue
    En délégation
    Sur le domaine
    Qui leur échoit


    Oui le travail est fait
    Et divinement bien encore !
    Une œuvre d’art
    Non pas inutile
    Ce serait moindre mal…
    Mais dévastatrice
    Car ce beau produit
    Est le fruit de la désertion
    Par les distingués
    De leurs postes
    D’unicités en chef

    Il porte la marque
    D’autres valeureux
    Précieux
    Rigoureux
    Techniques
    Ambitieux
    Qui ne sont pas
    Eux
    Ceux
    Que l’on a Choisis.

    Non !



    Abandonné
    Leur leadership
    De cohérence
    Par les ceusses
    Récipiendaires
    Du fardeau
    Qui
    N’assument pas
    Leurs responsabilités
    Ils les préfèrent
    Diluées
    Divisées
    Déléguées
    Découpées
    À l’infini
    Mises en tranches microscopiques
    Excellisées à l’infini
    À n’en n’être plus qu’un brouillard
    De vagues imputations



    Ces individualités-là
    Alors elles mentent
    Sans même le savoir
    Disent qu’elles sont
    D’un quelque part
    Sans même réaliser
    Qu’elles n’habitent
    Leur territoire
    Que très partiellement



    Mais les gens eux le voient
    Ils ne perçoivent que cela
    Ce flou
    Ce brouillard
    Et cela les indiffère
    Que les meilleurs travaillent
    Perdus dans leurs tableaux
    Tout subdivisés
    Et bien classés


    Ces gens veulent un retour
    A réalité
    Avoir ce à quoi ils ont acquiescé
    Pas plus
    Pas moins
    Pas mieux


    A jouer
    Eternellement
    A doubler la réalité
    En faisant du théâtre d’ombres
    Se focalisant sur lui
    Perdant de vue les attendus
    Les objectifs
    La source même
    Du pouvoir
    On trahit la chair palpitante
    Le temps qui passe
    Les espoirs et les craintes
    Les projets
    Tout



    Et l’on choit

    Myosotis D’Armanges

    (Texte non libre de droits)

    Germana Volpe (https://wp.me/p27IA0-nK)