• Comment peut-on être Léviathan ?

    États terribles aux rets numériques, briseurs d’humains,

    Fléchisseurs des communes destinées,

    Tentaculaires façonneurs de mondes,

    Où en sont-ils,

    Vos serviteurs disciplinés au coeur prométhéen,

    Quand ennoblis de s’être laissés passer aux dents le mors démocratique,

    Ils subissent le Compagnonnage funèbre du chaos et de l’entropie ?

    Ils hallucinent,

    Esprits et corps sous extrême contrainte…

    Des labyrinthiques événements

    Ne fantasment-ils pas l’improbable maîtrise ?

    Comment vont-ils quand loin de ménager passage

    Vers un futur désirable,

    Ils subissent leurs propres limites

    Et les déviances du terrifiant Leviathan ?

    Ces Pandores

    Descellent alors

    L’urne grouillante des cauchemards immondes…

    Peuvent-ils encore se consoler quand, enfin,

    Libèrant la salvation enclose dans les entrailles glacées de la boîte maudite

    Ils se trouvent coiffés de lauriers mérités ?

    Ces feuillages font-ils écran quand sur eux darde le feu des tourments ?

    Le désarrois, les songes mauvais fuient-ils leurs fronts éprouvés ?

    Et loin des no man’s land à la nuit tombée

    Se réchauffent-ils à la flambée des amours et amitiés retrouvés ?

    Myosotis D’Armanges

    Texte non libre de droits

    Zdzisław Beksiński

  • Fraîche chair pour conflit faisandé

    #Collage #RetouchesNumériques

    Photographie en noir et blanc de très jeunes hommes suivant un entraînement militaire, faisant des pompes torses nus, survolés par un avion de chasse
  • Un montage de deux photographies, celle du dessus montrant la partie supérieure d’un arbre décharné par l’automne, sur fond de ciel vespéral.
    La photographie du dessous représentent un chat noir assis en boule sur un tapis blanc à relief de vague.
    On ne voit pas la tête du chat et le montage évoque quelque peu la représentation d’un cœur…

    #Cœur #Chat #Arbre #Photographie #Soir

  • In se, per se…
  • Haïku ?

    « Un lac de lassitude étale
    La timide fleur de nénuphar
    Seule éclot »

    Myosotis D’Armanges

    František Kupka (1871, Autriche-Hongrie – 1957, France), Les nénuphars, 1900, Centre Pompidou
  • Au milieu… de ces ogres, nous vivons
  • Grâce

    La grâce
    Ou l’inconcevable
    Ténu
    Qui danse au-dessus de la tragédie
    Et nous appelle
    À le suivre,
    Comme l’étoile

    L’Amour à l’oeuvre en dépit de tous
    Fluide universel
    Pulsation inouïe
    Du vivant
    Qui défie l’entropie
    D’un rire Homérique
    Indifférent à son invincible vulnérabilité

    Mise en harmonie d’un monde
    Qui ravaude
    Ou creuse méchamment
    Ses propres déchirures
    Et les porte en blason

    La fleur n’éclot-elle pas au bout de sa tige gracile
    Plantée
    Dans la terre noire

    Sous les cieux hostiles ?

    Myosotis D’Armanges

    Texte non libre de droits

    Rufolf Noureev
  • Voiles ondoyants sur les jours


    Voiles ondoyants sur les jours,
    Les mots quand ils ne veulent rien dire,
    Montés les uns sur les autres
    Sans mortier pour les lier,
    Ont une grâce perverse.

    Empilés
    Ils forment de
    Très grandes tours vides,
    S’élèvent haut,
    Puis s’effondrent
    Quand le Vent
    Les ébranlent
    Aux heures où,
    Vainement,
    Eole
    Fait la chasse
    Au sens.

    Ses bourrasques
    Débusquent
    Les loghorrées
    Que nul ciment
    Ne fortifie
       – Certains murs résistent,
         Jointoyés qu’ils sont
         Par un peu de
         Vérité.

    Le plus souvent pourtant
    Les tours s’affaissent et
    Le feux prend

    Zéphyr ensuite,
    Attisant
    La défiance,
    En tout lieu
    Du doute
    Porte les braises.

    Poutres et planches,
    Calcinés, chutent.

    Et vous avec,
    Si vous n’y
    Prenez garde,
    Quand
         Vous empilez
         Phrases, paragraphes, chiffres.
    Ou quand
         Vous croyez
         D’un chant trompeur
         Les mots creux.

    Pour peu que
    Vous ayez eu
    La témérité
    De saisir
    La rampe
    D’air scintillant,
    Qui promet de vous mener
    Haut, trés haut,
    Dans les aires célestes :
    Souvent
    Vous
    Chutez.

    Cramponnés aux rêves et espoirs
    Nous tombons
    En pluies
    De bris
    De verre
    Au sol,
    Tous,
    Qui sommes
    Des milliers
    De millions
    De milliards.

    Comme les mots.

    Mais
    Eux
    Sont ceux
    Que la chute
    N’immobilise

    Pas.

    Déjà,
    Voyez,
    Ils recommencent !

    À nouveau
    Ils
    Se réunissent,
    Masques charmants
    Mais
    Défaillants
    D’une maladie de l’âme
    Intempestive,
    Monomanie fébrile,
    Qui coalise structures verbales et lexicales
    À tout bout de champ.

    Faire de l’air

    Édifier
    Dans le ciel
    Palais et châteaux
    Aux murs irisés
    De bulles de savon.

    Les voir chuter,
    Recommencer.

    Myosotis D’Armanges

    (Texte et image non libres de droits)

    Arc-en-ciel sur un voile
  • Des grappes de ballons blancs au premier plan, et derrière, les structures de soutien du toit du Grand Palais, peintes en vert.
    Photographie non libre de droits. Myosotis D’Armanges

    #Euphoria #ArtIsInTheAir #Photography #Photo #Photographie #Art #Paris

    @grandpalaisrmn.bsky.social

    (Photo non libre de droits)

  • Gengis Hugues ou la contre-malédiction

    La chevauchée effrénée en solitaire
    Les sabots durs qui martèlent le sol
    Muscles et tendons d’acier
    Une course vers le précipice,
    Un horizon qui s’éloigne sans cesse ,
    Défi furieux à la mort, aux éléments
    Jusqu’à ce que –  malgré tout –
    Survienne la chute,
    Que tout se brise,
    Qu’au fond du ravin
    En contrebas
    Gisent le cavalier et sa monture
    Éparpillés en éclats de verre
    Où se voit encore le reflet
    D’un petit enfant
    Terrorisé

    Débris de silicates alcalins
    Aux bords affutés desquels
    Demeurent
    Accrochées
    Les fibres d’amour
    Des grands filets
    Tissés
    Par les Amants
    Composant
    La horde qui suivait
    – Quand même –
    L’homme seul.

    Cette troupe a
    Dans le désordre
    Oeuvré
    En vain
    Pour arrêter
    La folle course suicidaire
    De celui
    Qui n’eut
    Jamais
    La possibilité
    De se reposer
    En la foi
    De l’amour
    Universel
    Et qui, des efforts de sa meute,
    Se riait,
    Refusant
    De se trouver
    Empêché
    Dans des liens
    Qui freineraient
    Sa poursuite
    Impie
    D’un soleil
    À l’insensée morsure

    Gisent donc désormais au sol,
    Soudés aux fragments biseautés
    Éparpillés
    En contrebas,
    Les lambeaux des rets,
    Les liens d’amour
    Vivants encore,
    Comme des tentacules ,
    Bien tangibles,
    Toujours vifs et rougeoyants
    Malgré la déchirure,
    Comme un rire
    Triomphant
    Et solaire,
    Que jamais rien
    N’abattrait

    Et animés comme
    Des membres
    Ils rattrapent
    Le fantôme de l’enfant triste,
    Captif des surfaces lisses
    Démultipliées par la brisure,
    Le raniment –
    Et sur un plan autre,
    Le rendent
    À tout ce que sa vie
    Aurait pu être.

    Le seuil est franchi
    Il a trépassé.

    C’est un souvenir à présent
    Qui est évoqué
    Quand on parle de lui
    Durant la veillée
    Funèbre
    On évoque
    Le passage qu’il forçait
    Jadis au galop
    À travers les ronces,
    Entraînant sa horde
    Composée de jeunes
    Et de vieux –
    Et c’est dans leurs mémoires désormais
    Que les épines
    Griffent encore
    Leurs peaux,
    À eux qui le suivaient,
    Entraînés par la passion
    Hypnotique
    Qu’il leur inspirait,
    Fascinés
    Par sa grandeur
    À lui –

    – Lui qui veillait,
    Jalousement,
    Sur
    Son troupeau.

    On se souvient:
    Il s’assurait de
    La perpétuation
    De la domination
    Qu’il exerçait.
    Sur les gens de son cheptel
    Et corrigeait
    Mesquinement les uns,
    Flattait les autres,
    Sachant pertinemment où
    Il souhaitait
    Les emmener :
    Avec lui.

    Et sans en avoir l’air
    Il leur faisait arpenter
    L’échiquier
    Qu’il avait seul
    En tête

    Aujourd’hui il est mort
    Ou du moins il l’était
    Car son embardée démente
    S’achève
    Dans
    La chute qui
    N’est qu’une épiphanie,
    Un cauchemar
    Qui l’a saisi
    De nuit,
    Et figé
    Lui, le cavalier,
    Dans son échappée morbide.

    L’un des lui
    Est décédé :
    D’avoir vu son image
    En rêve
    Il est libre désormais
    D’être autre.

    C’est une césure
    A laquelle
    Il peut rendre grâce :
    Le rythme change,
    La chanson également.

    Il veut maintenant
    Que la lumière joue
    Avec les autres facettes
    De son être.
    Il descend de sa monture
    La laisse paisser,
    Creuse des fondations,
    Des dispositifs d’évacuation d’eau,
    Et monte des murs
    Pour encadrer
    Les fenêtres et
    Les portes
    De la désormais grande demeure
    Ouverte,
    Protectrice.

    Parfois bien sûr
    Le cavalier revient
    Et
    Avec lui-même
    Il mène
    Une lutte féconde.

    Et quand vient la fin
    La terre trouve
    En les débris du jadis cavalier
    Non le sable fondu
    Qui l’eût déchirée
    De ses arrêtes tranchantes
    Mais un legs
    Pour l’aider
    À ses fruits porter.








    Myosotis D’Armanges

    Texte non libre de droits

    Rocher de lettré de forme tourmentée, percé. Sur son socle – https://www.rossini.fr/catalogue/94366?