
Photographie non libre de droits. Myosotis D’Armanges
#Euphoria #ArtIsInTheAir #Photography #Photo #Photographie #Art #Paris
@grandpalaisrmn.bsky.social
(Photo non libre de droits)
Textes, dessins, collages et photographies.

#Euphoria #ArtIsInTheAir #Photography #Photo #Photographie #Art #Paris
@grandpalaisrmn.bsky.social
(Photo non libre de droits)

La chevauchée effrénée en solitaire
Les sabots durs qui martèlent le sol
Muscles et tendons d’acier
Une course vers le précipice,
Un horizon qui s’éloigne sans cesse ,
Défi furieux à la mort, aux éléments
Jusqu’à ce que – malgré tout –
Survienne la chute,
Que tout se brise,
Qu’au fond du ravin
En contrebas
Gisent le cavalier et sa monture
Éparpillés en éclats de verre
Où se voit encore le reflet
D’un petit enfant
Terrorisé
Débris de silicates alcalins
Aux bords affutés desquels
Demeurent
Accrochées
Les fibres d’amour
Des grands filets
Tissés
Par les Amants
Composant
La horde qui suivait
– Quand même –
L’homme seul.
Cette troupe a
Dans le désordre
Oeuvré
En vain
Pour arrêter
La folle course suicidaire
De celui
Qui n’eut
Jamais
La possibilité
De se reposer
En la foi
De l’amour
Universel
Et qui, des efforts de sa meute,
Se riait,
Refusant
De se trouver
Empêché
Dans des liens
Qui freineraient
Sa poursuite
Impie
D’un soleil
À l’insensée morsure
Gisent donc désormais au sol,
Soudés aux fragments biseautés
Éparpillés
En contrebas,
Les lambeaux des rets,
Les liens d’amour
Vivants encore,
Comme des tentacules ,
Bien tangibles,
Toujours vifs et rougeoyants
Malgré la déchirure,
Comme un rire
Triomphant
Et solaire,
Que jamais rien
N’abattrait
Et animés comme
Des membres
Ils rattrapent
Le fantôme de l’enfant triste,
Captif des surfaces lisses
Démultipliées par la brisure,
Le raniment –
Et sur un plan autre,
Le rendent
À tout ce que sa vie
Aurait pu être.
Le seuil est franchi
Il a trépassé.
C’est un souvenir à présent
Qui est évoqué
Quand on parle de lui
Durant la veillée
Funèbre
On évoque
Le passage qu’il forçait
Jadis au galop
À travers les ronces,
Entraînant sa horde
Composée de jeunes
Et de vieux –
Et c’est dans leurs mémoires désormais
Que les épines
Griffent encore
Leurs peaux,
À eux qui le suivaient,
Entraînés par la passion
Hypnotique
Qu’il leur inspirait,
Fascinés
Par sa grandeur
À lui –
– Lui qui veillait,
Jalousement,
Sur
Son troupeau.
On se souvient:
Il s’assurait de
La perpétuation
De la domination
Qu’il exerçait.
Sur les gens de son cheptel
Et corrigeait
Mesquinement les uns,
Flattait les autres,
Sachant pertinemment où
Il souhaitait
Les emmener :
Avec lui.
Et sans en avoir l’air
Il leur faisait arpenter
L’échiquier
Qu’il avait seul
En tête
Aujourd’hui il est mort
Ou du moins il l’était
Car son embardée démente
S’achève
Dans
La chute qui
N’est qu’une épiphanie,
Un cauchemar
Qui l’a saisi
De nuit,
Et figé
Lui, le cavalier,
Dans son échappée morbide.
L’un des lui
Est décédé :
D’avoir vu son image
En rêve
Il est libre désormais
D’être autre.
C’est une césure
A laquelle
Il peut rendre grâce :
Le rythme change,
La chanson également.
Il veut maintenant
Que la lumière joue
Avec les autres facettes
De son être.
Il descend de sa monture
La laisse paisser,
Creuse des fondations,
Des dispositifs d’évacuation d’eau,
Et monte des murs
Pour encadrer
Les fenêtres et
Les portes
De la désormais grande demeure
Ouverte,
Protectrice.
Parfois bien sûr
Le cavalier revient
Et
Avec lui-même
Il mène
Une lutte féconde.
Et quand vient la fin
La terre trouve
En les débris du jadis cavalier
Non le sable fondu
Qui l’eût déchirée
De ses arrêtes tranchantes
Mais un legs
Pour l’aider
À ses fruits porter.
Myosotis D’Armanges
Texte non libre de droits


S’installe sur le visage
Un bouton de sourire
Poussé en graine
À la sève de chagrin
Et qui peine à s’épanouir.
Masque coincé,
simiesque,
Il est une écorce
Humainestre
Sous laquelle trépigne
Le magma
D’émotions
Violentes
Comme la découpe acérée
Des roches de basalt
Affûtées.
A la surface,
Les moutons paissent et l’herbe est verte.
Myosotis D’Armanges
Texte non libre de droits


L’écorce a mangé le fruit.
La lame
Coupe aiguisé,
Fend les profondeurs.
Sur la peau orangée,
Laisser perler
Le bleu.
Une goutte.
Myosotis D’Armanges
Texte et image non libres de droits


Décalcomanie
Posée en 2D
Sur la peau
De l’existence,
Ton match
S’étire
Au-delà
Du temps
Compté.
Parfois
La médecine
Se rit
De l’obsolescence
Programmée
Du corps.
Pas toi:
Tu sais
Le rab’.
Petites
Détonatrices,
Les sexy
Pilules
Te pimpent
Encore,
Font
Dérailler
L’inexorable
Assoupissement.
Les tiny
Cellules
Continuent
À charbonner.
Sursis :
Accordé,
Alloué.
Par quelle grâce ?
Chaque instant inouï
Arraché
À l’obscurité,
Tant qu’il y aura
De jolis
Comprimés.
Chaque instant
Vif
Est un miracle
Vécu
Postée
Sous
Une lucarne,
Un puit
De lumière.
Tout autour, la nuit, éternelle.
Myosotis D’Armanges
(Texte et image non libres de droits)


Ouvrir la porte :
Derrière,
Le jardin sauvage
Enclos.
Depuis l’embrasure,
Les fleurs jaillissent.
Leurs chatons
Carressent le visage.
Les grandes feuilles
Déliées et hardies
Lancent des doigts crochus
À l’assaut de l’intruse
Jadis chez elle,
Oubliée désormais,
D’avoir déserté.
Que faire
De cette invite farouche ?
Une vrille
Saisit le poignet,
L’entraîne
Au sein de l’espace touffu
Encombré de mille
Corolles embaumées,
Tiges et lianes,
D’épines aussi.
Avec quel cœur endurci
Revenir désormais
Affronter
Le sensible,
Quand les griffes
Glissent sur l’écorce
Poussée sur le muscle ?
En l’hiver calme
Laisser les branches
D’aubépine rouge
Palpiter sur la neige,
Dans l’attente
De ce que leur fruit
Mûrit.
Myosotis D’Armanges
(Texte non libre de droits)


La feuille d’arbre
Dans le cours d’eau
A chu.
Elle s’est enfouie dans la vase
Que barattent les algues
Et que les bêtes fouaillent.
Par opération alchimique
Cette aiguille de pin
De concrétions épaissie
Est devenue épée
Toute de métaux lardée.
Une fois tirée de l’onde
Le pouvoir de sa lame
Serait tel
Qu’elle pourrait
De la grande tapisserie
Trancher
Ceux des fils
Qui tissent
Les tristes avenirs.
Le maître et possesseur
De la glorieuse flamberge
À l’œuvre et tranchant
Épargnerait cependant
Les futurs prometteurs,
Abolirait le temps,
Ouvrant ainsi
Une éternité brodée
De beaux instants dorés.
Myosotis D’Armanges
(Texte et image non libres de droits)




Nous sommes la magnanerie,
Nos vers
Mangent le mûrier,
Secrètent le fil
Qui formera le brocart
Maturé
En papier de soi,
Minces feuilles du calendrier
Assemblées en un livre,
À chacun unique.
Ses pages se tournent,
Disparaissent,
Ou renaissent.
Écrits, images, mouvements,
D’une clarté aveuglante,
Illisibles,
Forment le manuscrit singulier
Passé au crible de tant de regards,
Consolidé par des amours rares,
Parfois déchiré.
Nous sommes parcourus
Du dedans du dehors.
Les voix qui nous lisent
Nous chantent et nous crient,
Nous murmurent,
S’élèvent et se mêlent.
C’est une symphonie.
Qui jointe à l’ondée,
Se trouve modulée
Des ondes vibratoires
D’un soleil qui la croise.
Elle se détache,
L’air tremble,
Nous sommes
Myosotis D’Armanges
(Texte et image non libres de droits)


Racines plongées dans la faille
La fleur
Pousse sa corolle
Entre le mur
Et la peau du ciel
Tournée vers le soleil
Son éclosion
Est avant-coureuse
D’une épidémie
De myosotis foisonnants
Puis une jungle
Aux verts sauvages
Envahira tout l’espace
Et nous exulterons
Myosotis D’Armanges
(Texte et image non libres de droits)
