La porte du jardin

Ouvrir la porte :

Derrière,

Le jardin sauvage

Enclos.

Depuis l’embrasure,

Les fleurs jaillissent.

Leurs chatons

Carressent le visage.

Les grandes feuilles

Déliées et hardies

Lancent des doigts crochus

À l’assaut de l’intruse

Jadis chez elle,

Oubliée désormais,

D’avoir déserté.

Que faire

De cette invite farouche ?

Une vrille

Saisit le poignet,

L’entraîne

Au sein de l’espace touffu

Encombré de mille

Corolles embaumées,

Tiges et lianes,

D’épines aussi.

Avec quel cœur endurci

Revenir désormais

Affronter

Le sensible,

Quand les griffes

Glissent sur l’écorce

Poussée sur le muscle ?

En l’hiver calme

Laisser les branches

D’aubépine rouge

Palpiter sur la neige,

Dans l’attente

De ce que leur fruit

Mûrit.

Myosotis D’Armanges

(Texte non libre de droits)

Fleurs des champs
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