Les milliards de secondes

La Presse hydraulique utilisée comme moyen de torture
L’enfant de cinq ans enfermé dans la geôle cauchemardesque
Les rangées de petits corps gazés

Sont placardés partout
En une frénésie collective
Pour bloquer les cerveaux
Au moyen de la sidération
Et oublier
Que leur tortionnaire
Était
À six poignées de main
De chacun
D’entre
Nous aussi

Et qu’il a
Respiré
Le même air
Empuanti
De sa présence
Que certains députés
Et acteurs vrombissants
De notre scène
Nationale
Lesquels
       – Hâtifs dans leur
      Volonté
      Servile
      De se Soumettre
      À la répugnante
      Abjection
      De l’exercice
      D’une violence
      Révulsante  -,
Se sont dépêchés
D’aller baiser
La main
Du boucher de Damas
Tout confis
     Dans leurs
     Certitudes
     Et ficelés
     Dans leurs costumes
     Étriqués.


Revenus en France
Pour y souffler leurs miasmes putrides
Sur le cours des débats
De politique mondiale
Ils ont
Bien longtemps

Été
Éhontés

Et pendant
Que les doigts étaient découpés
Et les esprits broyés,
La souffrance hurlante
Était couverte
Par des conversations de plateaux,
Des échanges de salon
Pontifiants sur le
“réalisme”
Qui nous pousse bien
N’est-ce pas
À banaliser
      – Ma bonne dame
      Mon bon monsieur –
Assad
Et à compter sur son
Jumeaux
En atrocités
      – Poutine –
Pour
“Régler
Ça”

Mais
Nos esprits
Frénétiquement mobilisés
Dans la convocation
D’images
De la trop humaine barbarie
Pour, ce faisant,
En neutraliser l’horreur
    – Comme une bouche
     S’emploierait à mâchonner
     Des cailloux d’uranium basaltique
     Pour ne pas avoir à
     Tenter
     De les digérer –
Nos cerveaux,
Et leurs
Petites
Manipulations
À usage interne, 
Sont impuissants
À abolir
La réalité
Des mers
Du sang versé

Rien jamais
N’effacera
Les faits
De crimes contre
L’Humanité
D’Assad
Ni
Notre effarante
Culpabilité
Du fait de l’abandon
De nos sœurs et frères humains
Syriens
Déshumanisés
Oubliés
Comme des rebuts
Sur un tas d’ordures

Cela fait très longtemps que nous savons
Comme à Gaza
Des mois
Des années
L’éternité de chaque minute en enfer
Où nous tolérons
Que se démultiplient les milliards de secondes d’infinies souffrances

©️ Myosotis D’Armanges

(Texte non libre de droits)

Zoran Music
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